L’horreur sous terre : l’escalade inquiétante des pillages funéraires en France

Depuis plusieurs semaines, les cimetières français sont victimes d’une série de vols sans précédent. Des statues en bronze, des cercueils et même des sépultures entières sont dégradés par des groupes organisés, provoquant un émoi profond chez les familles.

En Mayenne, Léon, retraité de 65 ans, a vu sa tombe vandalisée après la mort de son épouse. Une statue de Vierge a disparu sans préavis, laissant derrière elle un vide émotionnel. « J’ai pas dormi pendant des semaines », confie-t-il, rappelant que ce symbole religieux avait coûté 800 euros.

La situation s’est aggravée en une seule nuit : 12 sépultures dotées de statues en bronze ont été ciblées dans les départements du Mayenne et de l’Ille-et-Vilaine. La maire de Ballots, Évelyne Claerebout (SE), craint que des bandes organisées ne reviennent à la charge. « On risque d’être la proie de groupes qui ont repéré les lieux », souligne-t-elle.

À Nantes, le pire s’est produit : des cercueils ont été ouverts pour voler des bijoux. Joselito Bozard raconte comment ses parents ont perdu leurs objets sacrés. « Ils ont cassé le cercueil… on ne sait plus où sont les bijoux », déclare-t-il, tandis que Chantal Louaisil, retraitée, a vu son époux et ses parents victimes d’actes similaires. « Le coût pour réparer une seule Vierge est de 2 102 euros — c’est impossible », témoigne-t-elle avec détresse.

Les enquêtes policières ont permis d’identifier deux ressortissants roumains, reconnus comme auteurs des vols. Le tribunal de Laval jugera ces individus le 16 juin prochain. La loi prévoit une peine d’un an et 15 000 euros d’amende pour chaque cas.

Pour les familles, la question demeure : comment retrouver ce qui a disparu quand même l’argent nécessaire pour le remettre en place est hors de portée ?