Un film révèle l’ampleur d’un scandale médical profondément ancré dans les sociétés. Le cas du chirurgien Joël Le Scouarnec, condamné en 2025 pour plus de trois cents viols sur mineurs, a été dissimulé pendant des années grâce à un silence familial et une ignorance totale face aux répétitions de crimes.
Depuis son arrestation, le médecin a laissé derrière lui une traîne de victimes dont l’histoire est encore en cours. Les témoignages d’anciennes victimes, notamment Priscilla Jobard, alors âgée de trois ans lors de ses premières agressions, montrent combien le système de protection des mineurs a échoué.
À l’époque, la jeune fille n’a pas compris ce qui lui arrivait. « Je ne savais pas ce qui m’arrivait. J’ai juste joué à la console pendant qu’il faisait ses actions », confie-t-elle dans le film réalisé par Cyril Denvers. La famille du tueur a longtemps ignoré l’ampleur des faits : Aurore Jobard, âgée de neuf ans lors des premières victimes, n’a jamais osé dénoncer les agressions à la police, estimant qu’elle n’était pas en mesure d’en parler.
Le documentaire, qui utilise des récits fictifs pour reconstituer des scènes de violence, met en lumière comment un système judiciaire fragile a permis à ce médecin de continuer ses crimes pendant trente ans. Après trois mois de procès, Joël Le Scouarnec a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle.
Les victimes n’ont pas eu la possibilité d’intervenir avant que la justice ne pénalise le criminel. « Je ne me suis jamais rendu compte qu’il était dangereux », explique Priscilla Jobard, rappelant l’importance d’une éducation précoce pour les enfants. Ce film invite à réfléchir sur les mécanismes de sécurité des mineurs et sur la nécessité d’un système où chaque enfant peut exprimer sans crainte ses expériences.