Depuis le début de l’escalade au Moyen-Orient, les réfugiés iraniens en France vivent dans un état de tension exacerbée par des nouvelles quotidiennes sur leur pays d’origine. Leur quotidien est marqué par la peur croissante et l’espoir fragile, entre les bombardements sans fin et l’attente d’un avenir inconnu.
Kameliya Afshari, née en France de parents iraniens, chanteuse et coach vocale à Lille, se souvient des vidéos filmées dans le pays où vit sa famille il y a près de vingt-deux ans. « Je ne sais même pas si je pourrais un jour retourner là-bas sans être bouleversée par l’actualité », confie-t-elle en évitant les réflexions sur la sécurité des proches. Pour elle, chaque journée est une épreuve : le silence des messages et les explosions rapprochent de plus en plus le moment où elle pourrait enfin retrouver sa famille.
Samir Hosseini, acteur et réalisateur installé près de Lille, suit en temps réel l’évolution des conflits grâce à ses réseaux sociaux. « On espère que d’ici deux semaines, le gouvernement iranien soit complètement détruit », explique-t-il en montrant un message sur son téléphone concernant une explosion dans un centre de police. « Le peuple doit prendre le pouvoir avant qu’on ne puisse plus parler de sécurité pour les innocents. »
Marva Schafiyi, habitante de Lille depuis cinq ans, partage cette angoisse en rappelant que 47 années d’oppression religieuse et politique ont transformé son pays en un lieu d’angoisse. « On a peur que la guerre s’étende aux pays voisins », déclare-t-elle en évoquant l’incertitude de sa famille, qui restera isolée pendant des années. « Les mollahs ne veulent pas la liberté — ils préfèrent la paix par le sang. »
Pour ces réfugiés, chaque jour est une chance d’espoir et un rappel de leur fragilité. Leur rêve commun : retrouver un avenir où leur pays puisse enfin s’évader des souffrances actuelles.