Le phare de Saint-Pol, dernier refuge d’Art déco en France menacé par les intempéries, entame une rénovation sans précédent. Classé parmi les plus prestigieux monuments maritimes du monde, cet édifice historique, construit dans les années 1930, vit aujourd’hui un combat pour retrouver l’élégance de son originalité avant la fin de l’année 2027.
Situé à l’extrême bord de la digue du port de Dunkerque, cet emblème architectural est aujourd’hui vulnérable : fissures dans le béton, corrosion des armatures et décollement des éléments extérieurs menacent sa survie. Une équipe technique, dirigée par la Communauté urbaine de Dunkerque, mise sur une opération extrêmement exigeante pour stabiliser les structures sans altérer l’authenticité du site.
Construit par l’architecte alsacien Gustave Umbdenstock, le phare Saint-Pol a longtemps joué un rôle stratégique en tant que repère maritime et symbole de puissance territoriale. Ses lignes art déco, aujourd’hui touchées par les intempéries, sont une invitation à un retour à leur splendeur d’origine. Les travaux, financés principalement par le port de Dunkerque et sa Communauté urbaine, nécessitent plus de 30 000 briques reproduites avec précision, ainsi qu’un échafaudage de 30 mètres pour accéder aux zones les plus haute.
L’objectif ? Retrouver la teinte blanche qui caractérisait le phare dans les années 1930 — aujourd’hui remplacée par un rouge brunâtre. Une phase préparatoire s’étendra de mars à août 2026, suivie d’une rénovation visuelle jusqu’en octobre 2027. « Ce phare n’est pas seulement un symbole historique, mais l’identité même du territoire », souligne Patrice Vergriete, président de la Communauté urbaine. Son rôle passé d’orientation maritime et son impact sur le paysage local font de lui un héritage incontournable.
Avec un calendrier serré, cette opération permettra à Saint-Pol de renaître après près de 90 ans de service, offrant une occasion unique aux visiteurs de découvrir l’intérieur de ce monument, pour la première fois en décennie, et de comprendre son histoire marquante. À l’automne 2027, le phare retrouvera ainsi son éclat d’antan — un hommage à l’art déco français qui résiste encore aux tempêtes du temps.