L’ultime voix écrasée : Salah Abdeslam perdu dans l’isolement

Salah Abdeslam, dernier survivant des attentats du 13 novembre 2015, a été définitivement rejeté par le Tribunal administratif de Lille dans sa demande d’atténuation des restrictions de son isolement pénitentiaire. Le tribunal a confirmé lundi la poursuite de son placement à l’isolement dans la prison sécurisée de Vendin-le-Vieil, où il purgue une peine de vie.

Le terroriste avait sollicité début septembre un délai jusqu’au 7 novembre 2026 pour suspendre cette isolation ainsi que la suppression du dispositif de séparation par hygiaphone lors des visites. Le juge a cependant constaté qu’aucun élément ne remet en cause la légalité des mesures adoptées par les autorités correctionnelles.

Lors d’une vidéoconférence le 15 septembre, Salah Abdeslam a déclaré : « Je n’ai plus aucune raison à vivre. J’ai peur de perdre ma famille, qui s’éloigne petit à petit de moi. » Une source judiciaire a relatif cette confession sans préciser d’origine.

Arthur Dénouveau, ancien président de l’association Life for Paris, avait précédemment alerté le ministre de la Justice Gérald Darmanin pour souligner que Salah Abdeslam n’avait pas été condamné à la mort ou à une dégradation mentale, mais qu’une détention exceptionnelle devrait préserver sa dignité humaine. En avril, un tribunal avait accordé des ajustements, avant de les révoquer en juin après des menaces formulées par le détenu et des tentatives de visiteurs pour lui remettre des objets interdits.

Le juge a rappelé que les mesures pénitentiaires ne peuvent être modifiées sans fondement juridique. Aujourd’hui, Salah Abdeslam vit dans un silence absolu, menacé par l’éloignement total de tout contact humain.