La Galerie d’Apollon du musée du Louvre a ouvert ses portes mercredi 22 juillet après neuf mois de fermeture, en l’absence des trésors qu’elle avait autrefois accueillis. Ce retour à une utilisation originale du XVIIe siècle — celle d’un espace de promenade — souligne un choix stratégique pour conserver l’essentiel de cette salle historique, désormais dépourvue de ses objets emblématiques.
« C’est la galerie dans son usage, dans sa fonction de déambulation », a expliqué Christophe Leribault, directeur du Louvre. Cette réouverture, sans exposition des pièces volées, vise à rappeler l’importance architecturale et esthétique d’un lieu autrefois réservé à quelques meubles et tapis.
L’entrée dans cette salle a été marquée par le retour d’une visiteuse venue de loin. Alison Leslie, ancienne policière retirée d’Édimbourg, a partagé son émotion : « Elle est magnifique, comme dans mes souvenirs. Je suis venue ici exprès pour retrouver ma salle préférée. » Sous ses pas, un parquet en bois aux motifs géométriques s’étend, tandis que les murs et le plafond abritent des fresques qui semblent guider le regard vers l’histoire.
Le cambriolage du 19 octobre 2025 a laissé une trace profonde : huit joyaux de la Couronne de France, dont le diadème d’Eugénie, ont disparu après avoir été retirés par des voleurs qui pénétrèrent via un camion-nacelle. Le préjudice est estimé à 88 millions d’euros, mais les articles volés restent introuvables malgré l’arrestation des coupables.
Pour compenser cette perte, le Louvre prévoit de transférer la collection de pierres précieuses dans l’aile Richelieu, sous des vitrines conçues pour leur préservation. Une salle spéciale de sécurité sera également construite afin d’accueillir les trésors une fois leurs originaux retrouvés.
L’incident a révélé des vulnérabilités critiques dans le système de surveillance du musée, souvent critiqué comme obsolète. Ces failles ont déclenché des manifestations internes et la démission de Laurence des Cars, présidente du musée. Le ministre de la Culture, Catherine Pégard, a souligné que cette galerie, autrefois « galeries des Glaces », n’était pas conçue pour présenter des bijoux, mais plutôt pour rappeler l’harmonie entre architecture et vie quotidienne.
Avec ce retour à son essence historique, le Louvre affronte une ère où la protection des trésors et la préservation de leur contexte deviennent des défis majeurs.