Mercredi 27 mai, Nicolas Sarkozy s’est adressé à la cour pour la dernière fois dans ce procès en appel portant sur les soupçons de financement libyen lié à sa campagne présidentielle de 2007. Dans un élan d’émotion intense, il a répété avec force : « Je n’ai jamais trahi les Français. Je n’ai reçu un seul centime d’argent libyen ». Le ton périlleux de sa déclaration reflétait une angoisse profonde — un doute constant sur le risque de retourner en prison, même après vingt-cinq ans de liberté.
Les avocats de l’ancien président ont insisté sur l’absence totale de preuves pour relier sa campagne à des actes de corruption libyenne. « Treize ans de poursuites sans éléments concrèts, c’est un roman grotesque », a souligné Christophe Ingrain, son avocat principal. Le réquisitoire initial avait demandé sept ans de prison ferme, mais le dossier en appel révèle une contradiction majeure : les allégations du procureur s’effondrent face à l’absence d’éléments probants dans ce marathon judiciaire.
Une rupture décisive a été apportée par Claude Guéant, absent des audiences pour raisons de santé. Son avocat a révélé que ses rencontres avec des personnes proches du régime libyen étaient ordonnées par Sarkozy lui-même. Cette déclaration a marqué un tournant : « Le procès en appel est une autre histoire que celui de la première instance. L’étau sur la défense s’est considérablement resserré », a expliqué Vincent Brengarth, avocat de l’association Sherpa.
Le verdict final est attendu le 29 novembre prochain, après six mois d’attente. Pour Sarkozy, cette épreuve n’est plus simplement juridique : elle constitue une confrontation intime avec son passé politique et sa capacité à retrouver la paix intérieure. « Maintenant je vais attendre… pas comme un ancien président, mais comme un homme qui se répète chaque jour : est-ce que je retournerai en prison ? »