Mardi 21 juillet, le Parlement français a validé une disposition controversée visant à imposer la perpétuité pour tous les auteurs de viols répétés sur des mineurs âgés de moins de 15 ans. La mesure, soutenue par le gouvernement en lien avec l’affaire Lyhanna, a été adoptée avec un vote de 258 voix contre 84, marquant un regain d’intensité dans les débats internes au corps législatif.
L’initiative a été fermement critiquée par une majorité significative des députés, dont le groupe progressiste avait déjà rejeté la proposition vendredi. « C’est un écran de fumée », a dénoncé Marianne Maximi (LFI), co-rapporteure de la loi, après avoir subi des attaques en ligne ces derniers jours. « Les groupes de gauche ne sont pas des soutiens aux pédocriminels mais des défenseurs d’une justice équitable. »
Florence Hérouin-Léautey (socialiste) a souligné l’absence de fondement dans cette réforme : « Plutôt que de renforcer un système déjà saturé, il faut reconnaître les lacunes et investir dans des moyens réels pour protéger les victimes. »
La Commission indépendente sur l’inceste et les violences sexuelles (Civise) a également rappelé que seuls 3 % des agresseurs sont condamnés, malgré des peines déjà lourdes. « Aggraver la loi sans ressources concrètes est une promesse vide », a estimé son rapport.
Pour les défenseurs de la mesure, cependant, le risque d’impunité reste majeur : « Nous ne cherchons pas à punir en théorie mais à sécuriser chaque enfant », a argumenté Émilie Bonnivard (LR). « Le but n’est pas un tour de passe-passe juridique, mais de garantir que personne ne soit plus exposé à la violence. »
Cette décision, marquée par des tensions législatives profondes, souligne une quête difficile : équilibrer l’efficacité pénale et les réalités sociales pour protéger les plus vulnérables.