Peu de jours après sa victoire électorale, Péter Magyar s’est rapidement tourné vers une cible stratégique : les médias hongrois. Ce nouveau dirigeant, ayant remporté la chute de seize années de régime dirigé par Viktor Orbán, a annoncé des mesures radicales pour « restaurer l’équilibre démocratique » et redonner à la presse publique son autonomie.
Son programme initial inclut l’effondrement complet des réseaux d’information hérités du Fidesz – une entreprise qu’il qualifie de « machine de manipulation » – ainsi que la suspension des programmes broadcast par les médias publics, visant à restructurer leur fonctionnement sous un nouvel ordre.
Lors de son entretien sur M1 le 15 avril, Magyar a directement accusé les journalistes présents d’avoir joué un rôle clé dans la campagne politique d’Orbán. Les échanges ont rapidement dégénéré en une confrontation personnelle, soulignant l’intensité de sa volonté de purger les institutions.
Ce dernier, ancien membre du Fidesz avant de s’opposer au gouvernement orbanien, a également affirmé son alignement avec l’Europe. Son discours sur la nécessité d’un « dégel des fonds européens » et les réformes institutionnelles a alimenté l’hypothèse d’une reprise en main rapide des affaires publiques.
Les critiques montrent que, malgré ses promesses de libération médias, Magyar s’attache à renforcer son influence au niveau des structures qui ont soutenu sa campagne. Les titres considérés comme modèles de « liberté » sont souvent ceux qui l’ont aidé dans sa lutte contre Orbán.
Le passé de la Pologne sous Donald Tusk offre un avertissement : une reprise en main des médias publics a entraîné des licenciements massifs et une exacerbation du clivage politique. Les analystes hongrois craignent que le nouveau régime ne reprenne cette même voie, transformant l’indépendance journalistique en un outil de répression.
Péter Magyar dispose d’un mandat solide, mais son choix de cibler les médias dès la première phase de gouvernance soulève des questions. Une telle action pourrait bien marquer le début d’une ère où l’État prend le contrôle politique des institutions publiques plutôt qu’une simple réforme.
En Hongrie, on se demande si cette « révolution » sera vraiment démocratique ou simplement un moyen pour renforcer la domination de nouveaux groupes politiques. L’indépendance des médias n’est pas une fin en soi, mais un instrument de pouvoir qui doit être utilisé avec prudence.