Quand les avions sont trop loin : Le président des Landes dénonce la procrastination aérienne dans l’effort de secours

L’incendie qui s’est déclaré jeudi à Luglon a dévasté près de 1 600 hectares en quelques jours, marquant le deuxième feu important de la saison dans les Landes. Le premier événement, survenu il y a deux semaines dans la région de Biscarrosse, avait déjà englouti plus de 3 600 hectares.

Xavier Fortinon, président du département des Landes, estime que le délai pour mobiliser les moyens aériens constitue un véritable risque. « Le temps qu’ils arrivent, c’est parfois trop tard », souligne-t-il samedi après avoir vu l’évolution tragique de la situation.

Pour contenir l’incendie, 550 pompiers et des unités aériennes ont été déployées, dont quatre Canadair, deux avions Dash et un hélicoptère australien Chinook. Cependant, le président local rappelle que les infrastructures locales restent insuffisantes pour réagir rapidement face à de tels feux.

Au début de l’été, Xavier Fortinon avait demandé au gouvernement d’implanter une base aérienne de sécurité civile à Mont-de-Marsan, suite aux incendies dévastateurs de la Gironde en 2022. « Nous avons eu une « fin de non-recevoir » », confie-t-il, critiquant l’absence de réflexion sur les leçons tirées des crises précédentes.

« Le retour d’expérience de 2022 aurait dû servir mais tous les enseignements n’ont pas été suivis d’effet », regrette-t-il. Il insiste également sur la nécessité de disposer d’aérodromes proches et rappelle que les Landes abritent des points d’eau idéaux pour réaliser des opérations d’écopage, essentielles dans un contexte de feu persistant.