Dans un quartier historiquement marginalisé du Val-de-Marne, une crise s’installe autour de la police municipale. Sept agents sont désormais mis en examen pour violences aggravées après avoir été accusés d’agressions systématiques lors de contrôles routiers.
Johny Venon, un citoyen de 26 ans, raconte comment une voiture de police l’a tenté d’arrêter en pleine nuit. « Ils m’ont collé contre le mur, menottés comme si j’étais un voleur… Un agent a même insisté pour me dire que j’avais une tête à claques », explique-t-il avec détresse.
Les policiers, eux, affirment que le conducteur était agressif et n’avait pas les assurances nécessaires. Cependant, selon l’expertise de Me Arié Alimi, un avocat spécialisé dans les dossiers de police, au moins six plaintes ont été déposées entre janvier et mars 2026. « Ce que cela révèle, c’est que cette police municipale est hors des clous », souligne-t-il.
En un an, les effectifs ont passé de quatre à dix-huit agents, dans une volonté accrue d’augmenter leur présence territoriale. L’enquête a mis à jour des pratiques inappropriées : les agents utilisent un code secret pour activer les caméras de surveillance. Lors d’une intervention en février 2026, un policier a demandé « piscine » aux opératrices, activant immédiatement la caméra sans que le public ne sache. Les messages dans les groupes privés révèlent des remarques racistes et misogynes : « Du travail d’arabe… », ou « Mettez-la dans la Seine ».
La maire Kristell Niasme, élu en février 2025, défend l’existence de ce service municipal. « Le contexte de Villeneuve-Saint-Georges est difficile : isolé, sujet à des troubles du trafic de stupéfiants. Nos policiers agissent avec leurs moyens », justifie-t-elle.
Les enquêteurs poursuivent leur travail pour déterminer les responsabilités et garantir un respect des droits citoyens dans ce quartier en pleine tension.