La Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du département de la Somme a révélé un vaste dispositif de fraude évalué à plus de 7 millions d’euros en 2025. Cette découverte, issue d’une analyse exhaustive des données remboursées, illustre l’ampleur croissante des irrégularités dans le secteur santé.
Selon Marie-Gabrielle Dubreuil, directrice de la CPAM, les principaux vecteurs de ces escroqueries incluent les professionnels de santé conventionnés et les assurés. Une part significative (59 %) provient des acteurs du milieu médical, un pourcentage justifié par l’importance financière des remboursements. « Les montants en jeu sont bien plus élevés que ceux liés à d’autres types de fraudes », explique-t-elle.
Des réseaux organisés opérant à l’échelle nationale ou internationale ont également été identifiés. Certains cas, comme les « coquilles vides » (actions fictives sans réalité), constituent des opérations complexes et structurées, souvent transfrontaliers. Ces schémas sont en constante évolution, ce qui complique leur détection.
Pour renforcer sa capacité à agir, la CPAM a intensifié ses échanges de données avec le Fisc, la CAF, l’URSSAF et les entités bancaires. « Nous avons désormais des mécanismes en place pour transmettre rapidement les informations aux mutuelles », précise Mme Dubreuil.
Le projet de loi adopté il y a dix jours, portant sur la lutte contre la fraude sociale, permettra également de multiplier les sanctions pénales – pouvant atteindre trois fois le montant des fraudes – et d’harmoniser les mesures entre les institutions. L’Oise, en parallèle, a constaté plus de 14 millions d’euros de fraude dans la même période, soulignant l’ampleur croissante du phénomène au niveau national.