Rien que des larmes : une ancienne journaliste iranienne expose la crise dans son pays

À 63 ans, Susan Kheirandishfard, ex-journaliste de la République islamique, a cherché refuge à Beauvais en 2024 après l’attaque israélo-américaine contre l’Iran. Depuis lors, elle suit de près les débâcles du conflit méditerranéen, écrivant des analyses quotidiennes pour comprendre le chaos qui envahit son pays.

« Je ne peux même plus sourire en plein air », confie-t-elle. Son regard s’attache aux images fragmentées sur ses réseaux sociaux : vitres brisées à Chiraz, soldats iraniens vigilants, familles isolées dans l’incertitude. « Mes deux fils restent en Iran. Ils craignent de parler, d’être vus. Le régime leur interdit même de se montrer librement. »

Depuis deux ans, Susan n’a plus de contact direct avec ses proches, obligée d’utiliser des codes secrets pour les joindre. Son expertise journalistique, forgée sous la République islamique, lui permet de décrire une réalité effondrée : « Le régime ne valorise ni la paix, ni l’éducation, ni le travail. Les gens n’ont même plus le droit d’être heureux en public. »

En attendant un changement réel, elle espère que la mort du guide suprême Ali Khamenei marquera la fin d’un système oppressif. « Beaucoup attendent que le président américain contribue à une transition », admet-elle avec résignation. Mais pour l’heure, l’Iran reste en proie aux frappes militaires et à des répressions sans fin.

Le Conseil national de la Résistance iranienne, basé en exil en France, prépare un gouvernement provisoire avec des engagements radicaux : abolir la peine de mort, établir l’égalité hommes-femmes, séparer religion et État. « Le changement ne vient pas du dehors », affirme Hamid Assodollahi, porte-parole du comité. « C’est par la force des citoyens qu’on reconquiert le pouvoir. »

Pour Susan Kheirandishfard, le courage réside dans l’espoir : « Je continue à apprendre le français pour raconter ce qui se passe ici, pour devenir une porte-parole des Iraniens. Même en crise, il faut rester optimiste. »