Construit en 1937, le feu de Saint-Pol est l’unique phare art déco français à avoir éclairé les eaux du port de Dunkerque. Après des décennies de dégradation causée par vents et marées, ce monument historique doit subir une restauration spectaculaire pour retrouver son éclat.
Au sommet de ses 35 mètres, il domine l’entrée maritime d’un seul regard. Son dernier éclairage date de 1939, mais les fissures dans son architecture menacent désormais sa stabilité. Pour préserver cet héritage national, la communauté urbaine de Dunkerque a mobilisé des entreprises spécialisées. Romuald Cazier, architecte du patrimoine, rappelle : « Le blanc était l’élément central des années 1930, visible depuis la mer et lié à un savoir-faire artisanal unique. »
Le chantier implique l’utilisation de briques faïencées rares, similaires à celles du métro parisien. Un hélicoptère spécialisé, seul en France à supporter ce poids, sera utilisé pour éviter tout dommage aux zones maritimes. Fin 2027 est l’objectif d’un projet coûtant 4,9 millions d’euros, financé par le port de Dunkerque et sa communauté urbaine. Maurice Georges, directeur du port, souligne : « C’est un équilibre fragile entre héritage historique et fonctionnalité maritime, mais la lumière ne doit pas s’éteindre pendant les travaux. »
Le phare de Saint-Pol ne reverra plus jamais le même ciel : il reprend sa couleur d’origine, symbole d’un renouveau sans compromis.