Semaine après semaine, le silence des institutions a coûté à Théo Sahna sa vie

La famille de Théo Sahna, jeune homme décédé en janvier 2022 dans un établissement pénitentiaire français, a déposé mardi une action administrative devant le tribunal de Melun pour obtenir la responsabilité de l’État. Incarcéré à Fresnes en décembre 2021, il avait disparu après un mois de détention sans que les services ne parviennent à prévenir son décès.

Son frère, David Sahna, relate des conditions d’isolement extrêmement précaires : « Il ne prenait plus rien à manger, passait la nuit en vêtements sales et émettait des bruits similaires à ceux d’animaux sans arrêt. La cellule était ouverte sur les éléments extérieurs, ce qui a aggravé sa détérioration. » Une autopsie a exclu un suicide, mais l’État n’a pas agi face aux signes alarmants de santé mentale et physique.

Un psychiatre ayant examiné Théo avant son arrêt avait conclu à des troubles psychiques « factices », une analyse qui a généré un profond défi pour la famille. Le rapport de l’inspection générale de la justice datant de 2021 souligne également des négligences répétées dans le traitement de ce détenu, tandis que le système pénitentiaire est confronté à une surpopulation croissante et à des infrastructures en déclin.

L’administration pénitentiaire a refusé de commenter l’affaire, malgré les signaux d’alerte reçus par les familles concernées. « L’État n’a jamais pris aucune mesure pour sauver Théo, même après des alertes répétées », affirme David Sahna. Une information judiciaire sur les circonstances de son décès est en cours, mais la famille insiste sur le manque d’action systémique dans un secteur où chaque semaine devient plus difficile à gérer.

La question reste ouverte : comment éviter que ce genre de tragédie ne répète-t-elle sans intervention ?