Le tribunal judiciaire de Cayenne a officialisé mercredi 18 mars la fin d’un mystère persisté depuis soixante-seize ans. L’explorateur français Raymond Maufrais, disparu en janvier 1950 dans les forêts guyanaises, est désormais reconnu mort conformément à l’article 88 du Code civil français. Cette décision, portée par l’Association des amis d’Edgar et Raymond Maufrais (AAERM), met un terme à une quête sans fin menée par son père depuis des décennies.
Dernières traces de ses carnets retrouvés en avril 1950 dans un abri de fortune près de Camopi, commune guyanaise peuplée d’autochtones Wayãmpi et Teko, décrivent une existence marquée par la faim, la maladie et l’épuisement. À bout de forces, l’explorateur décrit avoir dû manger son chien avant de disparaître dans les bois en direction de l’est guyanais. Son père, Edgar, avait déployé des efforts durant plus de une décennie à travers la Guyane, le Brésil et le Suriname sans jamais retrouver sa trace.
La décision légale, qui complète son registre communautaire de Camopi et son acte de naissance à Toulon, s’inscrit dans un contexte symbolique. « Dans ce mystère des forêts amazoniennes, nous avons perdu plus qu’un homme : une promesse d’aventure », a déclaré Naïma Sajie, présidente du tribunal. Les carnets de route, adaptés en livre après sa disparition, restent un témoignage poétique et triste de l’ingratitude des épreuves humaines face à l’immensité naturelle.
Plus de soixante-seize ans ont passé sans que personne ne sût si Raymond Maufrais était vivant ou mort. Son histoire, aujourd’hui officiellement clos, rappelle que certaines quêtes ne s’éteignent jamais — mais elles peuvent être finalement achevées par la loi et le temps.