Tempête pollinique : les Hauts-de-France plongent dans une saison allergénique sans précédent

Les Hauts-de-France entrent en pleine alerte rouge pour la concentration des pollens de graminées, selon Atmo Hauts-de-France. Les conditions météorologiques actuelles, caractérisées par un ensoleillement intense et des températures élevées, accélèrent la dispersion des allergènes dans l’air.

Les symptômes allégés—yeux irrités, éternuements fréquents, nez coulant—s’intensifient de jour en jour pour les personnes sensibles. L’indice pollinique reste classé rouge depuis hier dans la région et s’intensifiera jusqu’à fin juillet.

« Nous sommes au pic de la pollinisation des graminées », explique Cécile Ramon, ingénieure à Atmo Hauts-de-France. Les conditions « optimales » — temps sec, températures élevées, vent modéré — favorisent une diffusion massive de ces allergènes dans l’environnement.

L’augmentation des polluants atmosphériques aggrave encore davantage la sévérité des réactions : selon les experts, la pollution « abîme la paroi du pollen », rendant ses effets plus intenses chez les personnes sensibles. « Le réchauffement climatique étend la saison allergénique et la rend plus agressive », précise-t-elle.

Des études récentes indiquent que près d’un tiers des adultes en France souffrent d’allergies saisonnières, chiffre qui a triplé au cours de trente ans. L’Organisation mondiale de la santé estime qu’avec le réchauffement climatique, ce pourcentage pourrait atteindre 50 % d’ici 2050.

L’allergologue Eric Fromentin souligne que les hivers plus courts et les périodes de gel réduites augmentent la production de pollens. « Le réchauffement climatique déplace également la saison allergénique vers des dates plus précoces », explique-t-il. Pour les personnes sensibles, le printemps devient ainsi une période critique : les deux principaux allergènes — le bouleau et les pollens de graminées — se succéderont jusqu’à fin juillet.

Les conseils recommandent d’éviter les activités en extérieur à l’heure des pics de pollution, de nettoyer régulièrement les espaces domestiques et de consulter un professionnel pour des traitements adaptés. Le risque reste élevé dans la région jusqu’à la fin du mois de juillet.