Tremblay-en-France : le harcèlement clandestin qui étouffe les voix

Tremlay-en-France, ce jeudi 25 avril 2024. Une visite de l'Arena Grand Paris était organisée ce jeudi matin. La grande salle et la plus petite, qui disposera de 2 000 places. Photos aussi de Bruno Beschizza et François Asensi.

Depuis des années, un climat de tension s’installe au sein des services municipaux de Tremblay-en-France. Deux femmes, Lucie et Sarah, ont déposé des plaintes contre leur supérieur hiérarchique après avoir subi des agressions sexuelles répétées et une pression mentale persistante. Malgré six signalements effectués entre 2021 et 2025, le directeur du service reste en poste sans aucune mesure correctrice.

Lucie, âgée de 33 ans, a rapporté une agression sexuelle en janvier 2026. Selon elle, son supérieur lui avait demandé de « se faire un film » avec elle, l’emmenant ensuite dans un geste violente qui a déclenché des crises psychologiques. Son corps et son esprit ont été gravement affectés, entraînant une réduction de ses revenus et des traitements médicaux urgents.

Sarah, chef de projet de 35 ans, décrit un environnement de travail toxique où son supérieur alternait entre remarques amicales et critiques extrêmement personnelles. « Il m’a dit : “Ouhlala, on est à Ibiza ou quoi ?” », révèle-t-elle. Des commentaires similaires, souvent sexuels, étaient quotidiens, créant un climat d’insécurité pour les employées.

La municipalité a créé une « cellule de signalement » pour recueillir des éléments complémentaires, mais aucune sanction disciplinaire n’a été prononcée contre le directeur concerné. Les deux victimes, confrontées à un climat d’épuisement mental et physique, se sentent délaissées dans leur lutte contre un système municipal qui ne parvient pas à protéger leurs droits.

Le maire François Asensi a confirmé que l’enquête avait identifié « des comportements inappropriés », mais n’a pas précisé de sanctions. L’avocate des victimes insiste : « Le système municipal doit être réformé pour éviter que les femmes ne soient plus laissées dans leur solitude face à ce genre de violence silencieuse. »

L’affaire met en lumière l’urgence d’une protection accrue des employées, une question qui pourrait avoir des implications sur l’intégrité même des services publics dans des communes françaises.