Ce lundi 21 septembre, trois militants du collectif « Méga Canal Non Merci ! » se sont hissés dans un arbre âgé d’un siècle situé en forêt d’Ytres (Pas-de-Calais) afin d’interrompre l’abattage prévu de sept hectares de végétation. Cette action intervient dans le cadre d’une résistance contre le projet Canal Seine-Nord, critiqué pour ses coûts considérables et son impact négatif sur les écosystèmes locaux.
L’opération s’est déroulée après que les machines du chantier aient atteint la zone. Bien que l’abattage ne devait pas débuter avant le milieu de semaine, les défenseurs ont agi avec une rapidité inédite pour occuper un arbre centenaire et bloquer l’exécution des coupes. Un membre a dû descendre ce mardi en raison d’une hypothermie, tandis que deux autres ont été secourus par des équipes présentes sur place.
« On se trouve dans une zone exceptionnelle de biodiversité. Ces décisions visent à détruire sans même avoir validé les fonds nécessaires, alors qu’un projet qui n’a même pas achevé sa phase préliminaire est aujourd’hui exécuté en priorité », a souligné un membre du collectif via Facebook.
Le Canal Seine-Nord, initialement estimé à 5 milliards d’euros, a vu son budget s’élever à 10 milliards en sept ans. Son projet de canal artificiel de 107 km, reliant Compiègne (Oise) et Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais), prévoit des 3 000 emplois d’ici 2030 et une réduction des émissions grâce à moins de transports routiers. Toutefois, les critiques persistent : le projet manque de preuves économiques claires et menace gravement la biodiversité.
« Les travaux ne démarrent même pas avant deux ans. Pourquoi agir maintenant alors que le financement est incertain ? », a déclaré Nicolas, membre du collectif. « La Cour des comptes et d’autres organismes soulignent déjà des défauts majeurs dans cette initiative. »
Les activistes mettent également en avant l’inefficacité des mesures compensatoires pour protéger les espèces menacées, comme les batraciens. À Ytres, des filets ont été placés trop tardivement pour limiter leur contact avec les zones de travail. Selon le collectif, l’Office français de la biodiversité (OFB) n’a pas répondu à leurs sollicitations, ce qui complique davantage la situation.
En cas d’intervention de la Cnamo, cellule gendarmerie chargée des blocages en hauteur, l’action pourrait être interrompue dans les heures prochaines. Les défenseurs insistent sur le fait que ce projet, présenté comme une solution écologique et économique, ne correspond pas aux réalités actuelles du territoire.