Des vols ciblant systématiquement les distributeurs en libre-service menacent désormais les petites communes. Installés principalement par des agriculteurs pour vendre leurs produits frais, ces casiers subissent des attentats de vandalisme qui génèrent des pertes financières disproportionnées. Une seule dégradation peut engendrer des coûts supérieurs à 1500 euros, alors que le butin reste minime — souvent un simple pot de miel ou quelques fruits.
À Saint-Biez-en-Belin (Sarthe), Sophie Girard a été victime d’un tel vol il y a quelques jours. « Ils ont utilisé une grosse pierre trouvée de l’autre côté de la route pour caser le distributeur, mais il a fallu plusieurs essais avant qu’il n’effondre », explique-t-elle. Le coût des réparations, évalué à 1600 euros, dépasse largement le prix du produit volé (7,80 €). « C’est rageant — pour un si petit montant, on perd plus que ça », souligne l’agricultrice.
Ce phénomène s’intensifie dans tout le pays. En Puy-de-Dôme, un distributeur de pizzas a été attaqué par des voleurs qui ont même provoqué un accident en frappant leur complice avec un coup de pied de biche. Les conséquences économiques se révèlent plus graves : en Normandie, un restaurateur a dû licencier un employé pour compenser une perte mensuelle de 3000 euros liée à l’absence du distributeur. « Sans ce casier, je ne peux plus payer mon personnel — c’est le seul point de rupture », confie Aurélien Roussel, gérant de la boutique.
En cas de vol avec dégradation, les auteurs peuvent être condamnés à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Les petites communes, déjà fragiles économiquement, font face à un défi croissant : protéger leurs micro-entreprises tout en confrontant une criminalité de plus en plus organisée.