Les 64 salariés de la carrosserie Klégé, installée à Bapaume (Pas-de-Calais), et son ancien directeur Ludwig Czelecz ont déposé mercredi une offre de reprise devant le tribunal commercial d’Arras. Le projet vise à reprendre l’entreprise en pleine liquidation judiciaire après six mois sans commandes et la faillite du groupe GTE.
Selon le plan, 50 employés contribueront chacun avec 25 000 euros pour obtenir 40 % de l’entreprise, tandis que Czelecz détient les 60 % restants. Un apport initial de 3,2 millions d’euros permettra de garantir le fonds de roulement. Le repreneur s’engage à diversifier ses marchés en direction des secteurs de la défense et de l’agroalimentaire pour réduire sa dépendance automobile. « Les carnets de commandes sont complets et les fournisseurs sont mobilisés », indique-t-il, soulignant que deux employés travaillent actuellement à temps plein sur la reprise.
Le conseil régional avait promis un million d’euros en juin pour soutenir Klégé, mais le dossier n’a pas été traité lors de la dernière commission du 2 octobre. « J’ai fourni tous les documents nécessaires, mais personne ne m’a répondu », confie Czelecz, qui accuse également un projet concurrentiel (Durisotti) bénéficiant d’un soutien régional avec seulement 14 salariés.
Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, a insisté dans une lettre sur l’importance du projet mais exige les documents complets. « Dès lors que le dossier sera établi, nous respecterons notre engagement », déclare-t-il.
Les salariés prévoient de se rassembler devant la commission permanente régionale à Amiens le 15 octobre pour obtenir une réponse claire. « Sans garanties, nous refuserons tout soutien financier », affirme l’un des participants.