Dans un laboratoire d’Amiens, deux jeunes ingénieurs ont transformé le passé en solution pour les défis actuels de l’intelligence artificielle. En réactivant le Minitel, terminal français des années 1980, ils ont créé une interface capable de dialoguer avec une IA locale, évitant ainsi la dépendance énergétique et les risques de fuites de données.
Mathis Brebion, 23 ans, a travaillé avec Alban Trentesaux pour ce projet réalisé en 2026. « L’objectif était d’utiliser un modèle open source, comme celui de Mistral, sans recourir à des serveurs externes », explique-t-il. Le Minitel, aujourd’hui un objet de collection, permet une consommation énergétique réduite de 90 % par rapport aux solutions cloud, selon leurs calculs.
L’enseignant-chercheur Stéphane Pomportes, qui a encadré le projet à UniLasalle, souligne l’importance de cette innovation dans un contexte où la souveraineté numérique est cruciale. « Avec une IA locale, les données restent hors des réseaux étrangers et ne sont pas soumises à des régulations non européennes », précise-t-il.
Cependant, ce système présente des limites. « Pour des tâches complexes comme la planification d’un voyage ou des recherches approfondies, il faudra encore compter sur des solutions externes », reconnait Alban Trentesaux. Pourtant, pour des réponses concrètes — des questions simples ou des informations contextuelles — le Minitel reste un outil fiable et écologique.
Pour les deux étudiants, ce projet est bien plus qu’une curiosité technologique : « C’est une étape vers l’autonomie numérique », affirme Mathis. Leur création montre que des technologies anciennes peuvent s’adapter aux enjeux du présent, offrant des solutions durables et sécurisées dans un monde de plus en plus connecté.