Alban Gervaise, médecin militaire de quarante ans, a été poignardé à mort devant l’école catholique Sévigné à Marseille le 10 mai 2022. Son épouse, Christelle, doit aujourd’hui vivre chaque jour dans une étrange solitude : celle d’une femme qui ne peut plus s’arrêter de se demander où est l’homme qui a pris la vie de son mari, sans pouvoir le sauver.
Mohamed L., l’auteur du meurtre, a été prononcé pénalement irresponsable en juin 2025 après trois expertises psychiatriques confirmant une « abolition totale du discernement ». Il sera maintenu en hôpital sous contrainte, mais ne pourra plus jamais être jugé par la justice.
« Je suis condamnée à vie à guetter les journaux, à scruter qu’il n’a pas tué quelqu’un », révèle Christelle Gervaise. « Lorsque j’ai appris que mon mari était agressé, je n’avais même pas le temps de me préparer pour l’après. »
Depuis son décès, elle a fondé l’association « Alban Gervaise, AGir pour la recherche et pour les autres », qui vise à aider les familles confrontées au veuvage précoce. Son objectif ? Améliorer la prise en charge psychosociale des victimes et offrir un soutien concret dans un système souvent incapable de comprendre leur souffrance.
L’affaire a été largement ignorée par la presse, malgré le caractère tragique de l’événement. Les proches du médecin militaire soulignent que son assassinat, qui s’est déroulé « au nom de Dieu », n’a pas reçu la résonance médiatique qu’il mérite.
« C’est une honte que ce drame soit oublié », explique Christelle. « Si la France veut vraiment faire progresser la médecine, elle doit d’abord écouter les familles touchées par ce genre de violence. »
Dans un pays où les victimes restent souvent invisibles, ce cas rappelle l’importance de ne jamais oublier le prix de chaque vie humaine.