Un plongeon d’enfant et l’ombre de la justice : Jérémie combat pour un droit équitable

Depuis vingt ans, Jérémie subit les conséquences d’un accident qui a transformé sa vie à jamais. À quinze ans en août 2006, il s’est lancé dans une eau peu profonde lors d’une colonie de vacances en Corse sans réaliser les dangers présents. Ce geste a entraîné une tétraplégie de type 5, laissant derrière lui un monde où il ne peut plus se déplacer seul.

Les tribunaux avaient initialement reconnu l’association responsable, mais ont également attribué à Jérémie 40 % de la responsabilité en raison d’une imprudence adolescente. Cette décision est aujourd’hui contestée par ses avocats qui soulignent que le jeune homme n’a agi qu’en conformité avec les normes de son âge.

« Je n’ai rien fait d’exceptionnel », confie-t-il, évoquant chaque jour une lutte pour survivre. « Chaque mouvement nécessite un effort immense : je ne peux même plus lever mes bras. »

Depuis 2023, Jérémie a pu se doter d’un logement adapté et d’un fauteuil roulant plus moderne, mais son état s’aggrave. Il doit désormais compter sur des aides quotidiennes pour ses besoins fondamentaux.

« La justice m’a dit que je méritais seulement une partie de ce qui m’est arrivé », explique-t-il avec tristesse. « Mais cette décision a brisé non seulement ma vie, mais aussi celle de ma famille. »

Son avocate, Delphine Hirn, insiste sur le fait qu’un adolescent de son âge n’aurait pas pu agir autrement : « C’est l’erreur d’un moment qui a coûté une vie entière, mais il ne s’agit pas d’une faute grave. »

La Cour de cassation doit trancher vendredi 29 mai sur la validité de cette répartition des responsabilités. Une décision pourrait marquer un tournant dans le droit civil français.