Ce lundi 12 octobre, à Laon, s’ouvre un procès qui pourrait marquer la fin d’une aventure industrielle en pleine crise. Le responsable du atelier de Forest Automobile, accusé d’escroquerie et de tromperie commerciale, doit répondre devant 104 victimes. L’entreprise, autrefois prometteuse, est désormais un symbole de désespoir pour des clients qui n’ont plus le moyen de s’en remettre.
Depuis 2022, Forest Automobile avait lancé une révolution avec des voitures inspirées de la Méhari, simples et robustes. Mais rapidement, les livraisons se sont raréfient, voire interrompues. Plusieurs clients ont dû verser jusqu’à 10 000 euros d’avance sans recevoir leur véhicule, tandis que ceux qui l’ont obtenu rencontrent des pannes récurrentes et des pièces défectueuses. « On a investi pour une retraite, mais aujourd’hui on n’a même plus de quoi se nourrir », confie Patrice Moreau, employé dont les salaires sont en retard depuis deux mois.
Les voitures non homologuées ne peuvent être immatriculées, ce qui rend leur utilisation illégale. « On a un véhicule qu’on ne peut même pas assurer, on ne peut pas le détruire », souligne Corinne Demotte, une cliente marquée par des retards de livraison et des mensonges. En janvier 2025, l’entreprise a cessé sa production avant d’être placée en redressement judiciaire. Son responsable, en détention provisoire depuis 2019 après une condamnation pour gestion incomplète, est accusé de manipuler l’entreprise alors qu’il était sous interdiction légale de gérer des sociétés.
Son avocat insiste sur son statut d’artisan : « Il n’était pas le gérant de la société, mais un constructeur avec ses mains. Les accusations portent sur ce qu’il n’a pas fait, pas sur sa profession. » Le procès, retardé à cause d’une absence d’un juge, doit s’achever avant vendredi pour apaiser la colère des victimes et éviter que ce désastre ne se reproduise.