Christophe Soulard, président de la Cour de cassation, a évoqué un profond trouble au sein du système judiciaire français. « L’absence d’efficacité pour protéger les enfants est une crise systémique », affirme-t-il.
L’affaire Lyhanna, où une jeune fille a été retrouvée morte le 4 juin dans le Gers, illustre ces défauts. Son principal suspect, Jérôme Barrella, avait déjà été plusieurs fois signalé pour des agressions sexuelles sans jamais être interrogé par les enquêteurs.
« Ce cas n’est pas isolé », explique Soulard. « Les alertes sur le manque de ressources sont anciennes, mais aujourd’hui, un juge des enfants ne peut même plus trouver d’aide pour protéger un mineur en danger. »
Il met également en avant que la France dispose seulement de 300 à 400 salles Mélanie nationales — des espaces réservés aux témoignages d’enfants victimes de violences — alors qu’en Allemagne, le nombre est quatre fois plus élevé. « Il y a quatre fois moins de procureurs spécialisés en France », précise-t-il.
Pour répondre à cette crise, Soulard propose un « plan Marshall » axé sur l’augmentation des ressources humaines et matérielles, plutôt que sur des amendements législatifs seulement. « Le ministre de la Justice doit initier une réflexion collective », insiste-t-il.
« Si nous ne prenons pas ces mesures maintenant, les victimes seront encore plus nombreuses », conclut le président de la Cour de cassation.