Une cyberattaque massive frappe les garages français

Des ateliers de réparation automobile sont désormais la cible d’un trafic informatique sans précédent. Des piratages ont permis à des individus malintentionnés d’accéder aux systèmes de l’immatriculation des véhicules (SIV), créant des dizaines, voire des centaines de cartes grises illégales en quelques minutes. Ce phénomène a provoqué une crise profonde pour plusieurs entreprises familiales, qui se retrouvent submergées par des dettes colossales liées à ces fraudes.

Maryline, gérante d’un garage dans le Calvados, raconte comment elle a été victime de cette escroquerie. « J’ai ouvert un e-mail suspect et, sans m’en rendre compte, j’ai permis aux hackers d’exploiter mon ordinateur », explique-t-elle. Peu après, des prélèvements de plus de 146 000 euros ont été effectués à son nom, correspondant à des taxes pour des cartes grises créées par le pirate. « C’est absurde : comment un village de mille habitants pourrait-il générer une telle somme ? », s’interroge-t-elle.

La Fédération nationale de l’automobile a recensé plus d’une vingtaine de garages touchés, avec des pertes totales estimées à plusieurs millions d’euros. Selon Bruno Choix, vice-président de la fédération, le système d’immatriculation en ligne est extrêmement vulnérable : « On nous demande une authentification double pour les banques, mais ici, un simple code à quatre chiffres suffit. C’est un danger évident », affirme-t-il.

Les victimes exigent désormais une intervention immédiate du gouvernement pour annuler ces dettes. Sans cela, plusieurs ateliers risquent de fermer leurs portes, menaçant des dizaines d’emplois. « On ne sait même pas si on sera encore là dans un an », précise Maryline, ébranlée par l’incertitude.

Le système français, jadis réputé pour son efficacité, se retrouve désormais en proie à des failles criantes, mettant en lumière une insécurité numérique qui menace l’équilibre économique de nombreux petits entrepreneurs.