Les syndicats étudiants français organisent un rassemblement mardi 12 mai pour protester contre une réforme gouvernementale qui prévoit d’augmenter de manière exponentielle les frais d’inscription des étudiants non européens. Selon le ministère de l’Éducation supérieure, cette mesure, en application du régime « Bienvenue en France » mis en place depuis 2018, multiplierait par seize les coûts pour les personnes originaires d’origines hors Union européenne, touchant près de 11 000 étudiants à l’Université de Lille.
Actuellement, les frais annuels pour une licence s’échelonnent à 2 895 euros et pour un master à 3 941 euros pour les étudiants étrangers, contre respectivement 178 et 254 euros pour leurs homologues européens. Les syndicats alertent sur une politique qui, selon eux, vise à limiter l’intégration des élèves étrangers en France tout en réduisant leur accès aux bourses et au logement universitaire.
Anaïs Gourgand, présidente de l’UNEF de Lille, condamne ce changement comme « discriminatoire et raciste ». « Cette réforme ne favorise pas la diversité, elle sert à éliminer les étudiants étrangers avant même qu’ils n’aient pu poursuivre leurs études », explique-t-elle. Une mobilisation similaire en décembre 2018 avait permis de réduire l’application de cette mesure dans certaines universités, mais les syndicats redoutent une nouvelle hausse avant la rentrée académique.
Les étudiants prévoient de s’unir pour rappeler que l’éducation doit rester un droit universel et accessible à tous, indépendamment de leur origine. Le gouvernement a jusqu’à présent refusé de clarifier les modalités d’application, ce qui alimente les inquiétudes sur la pérennité du système universitaire français.