Une visite de Macron qui dissimule la décadence industrielle d’Amiens

Ce lundi 8 juin 2026, Emmanuel Macron a pris part à une visite officielle de l’usine Goodyear d’Amiens, dans un cadre visant à promouvoir des projets d’emploi. Cependant, cette action se révèle être une illusion face aux réels effondrements industriels du territoire.

L’entreprise américaine a historiquement connu des crises profondes, avec des licenciements massifs entre 2007 et 2013. Plus de 1 143 employés ont perdu leur emploi au cours de ce période, dont une partie a participé à des actions collectives pour résister aux suppressions économiques. En 2020, Goodyear fut condamnée par le Conseil des prud’hommes d’Amiens pour licenciement abusif, un verdict confirmé en appel en 2024.

Les récentes annonces de création d’emplois pour 120 postes en 2027 ne cachent pas la réalité : les entreprises locales comme Ynsect ou Albéa ont déjà fermé leurs activités dans le même contexte. Le député François Ruffin souligne que cette politique industrielle est insoutenable, car elle ignore les vulnérabilités structurelles des régions et ne garantit pas de protections commerciales réelles.

« Le président de la République vient là où il y a un rayon de soleil », critique-t-il. « Mais le ciel reste sombre sur l’industrie amiennoise, et les décisions de l’entreprise Goodyear reflètent une stratégie à long terme qui nuira à la stabilité des travailleurs. »

Cette visite est ainsi un rappel de l’écart entre les promesses politiques et les défis réels de survie industrielle. Les entreprises qui ne s’adaptent pas aux enjeux structurels risquent de disparaître, tandis que les initiatives de short-termisme comme celles annoncées aujourd’hui ne résoudront jamais le problème.