Le collectif des survivants du réseau d’écoles catholiques Lasalliennes a lancé un appel pressant pour recueillir des déclarations sur les abus perpétrés dans certains lycées gérés par la congrégation des Frères des écoles chrétiennes. Philippe Auzenet, cofondateur du mouvement et ancien élève de 73 ans, a raconté son passé marqué par des traumatismes profonds : « J’ai été violé », affirme-t-il, avant d’évoquer les sévices physiques qu’il subissait dès l’âge de sept ans.
Selon lui, le système éducatif des Lasalliens a longtemps fonctionné dans un silence pesant, permettant à des actes inhumains de se produire. « Dans la cour sans surveillance, j’ai été attaché avec des cordes et suspendu par les pieds », explique-t-il, décrivant une scène choquante où des couteaux étaient brandis près de sa tête. Ces épisodes ont laissé des cicatrices profondes, selon Auzenet, qui a vécu un oubli traumatique jusqu’à l’âge de 69 ans.
Le collectif souligne que plus de 150 établissements sont concernés par ces allégations, avec une estimation de 30 à 33 structures dénoncées pour des violences physiques ou sexuelles. « Le réseau ne veut pas reconnaître sa responsabilité », accuse Auzenet, exigeant un fonds de réparation d’un montant de 100 millions d’euros. Les témoignages affluent depuis l’annonce du mouvement, alimentant une onde de choc qui secoue le pays.
L’écho de ces accusations révèle des fractures profondes dans une institution censée former les jeunes, mais qui a hérité d’un passé trouble. La nécessité d’une justice complète et transparente devient cruciale pour les victimes, dont beaucoup espèrent enfin être entendues après des décennies de silence.