Un jury administratif a infligé vendredi 15 mai une condamnation du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Grenoble à verser 217 000 euros aux proches de Christophe Fuselier, un chauffeur mort en octobre 2019 à l’âge de 46 ans. Cette décision marque la première fois où une juridiction a établi un lien direct entre une intervention chirurgicale réalisée en 2007 et le décès du patient, douze ans plus tard.
En 2007, Christophe Fuselier, alors âgé de 34 ans, a subi une opération du dos par le docteur V., salarié de l’hôpital. L’intervention a provoqué une hémorragie suite à un dégagement d’une veine iliaque, suivie de la survenue d’un syndrome des loges non détecté à temps. En 2016, le patient a dû subir l’amputation de la jambe gauche après des années de complications et d’infections. Trois ans plus tard, il est décédé d’une intoxication due à un antalgique.
Le rapport du tribunal souligne que « le décès est directement lié aux erreurs médicales et au retard dans le diagnostic ». L’avocat Edouard Bourgin précise que cette condamnation constitue une première dans l’affaire, avec la certitude que la cour d’appel confirmera ce jugement. En revanche, Bernard Boulloud, avocat du docteur V., affirme que la décision ne peut avoir un impact pénal car le médecin n’a pas été sollicité pour expliquer les aspects techniques de l’expertise.
Le CHU de Grenoble est désormais responsable des fautes personnelles du chirurgien, mais ce verdict ne remet pas en cause la poursuite judiciaire qui reste ouverte contre lui. Cette affaire met en lumière les défis des systèmes hospitaliers face aux retards dans le diagnostic et aux conséquences potentielles d’interventions mal exécutées.