Hervé Abello, père de Margot, victime de l’incendie de Crans-Montana en Suisse le 31 décembre dernier, partage dans un entretien exclusif les défis quotidiens que sa fille doit surmonter pour retrouver une vie normale. Son témoignage révèle la force et la fragilité d’une jeune femme qui, malgré des brûlures secondaires affectant 15 % de son corps, refuse de se laisser submerger par sa souffrance.
Margot a été brûlée sur le visage, les mains, le torse et le bas du dos. Pour gérer ces lésions, elle porte des pansements compressifs jour après jour, des gants spéciaux et un bandeau stérile pour la tête. « Chaque effort pour sortir de la maison est une épreuve », confie Hervé Abello. Les températures élevées aggravent son quotidien, mais elle ne cesse pas d’espérer reprendre ses études en médecine à partir d’octobre.
L’incendie, qui a coûté la vie à 41 personnes, a conduit Margot à subir un coma artificiel de quatre jours avant son transfert dans une chambre stérile. Une période suivie d’un mois de soins intensifs et de consultations régulières pour rétablir ses capacités physiques. « Elle a perdu l’innocence, mais elle ne perd pas l’espoir », souligne Hervé Abello. Son enfant, autrefois énergique et enthousiaste, doit désormais s’adapter à un quotidien marqué par des contraintes qui semblent souvent insurmontables.
En créant l’association Revi Crans-Montana avec d’autres proches victimes, Hervé Abello vise trois objectifs : la solidarité entre familles touchées, une transparence totale dans les enquêtes et le devoir de mémoire pour ne pas oublier ces souffrances. « Notre rôle n’est pas de juger mais d’assurer que chaque victime soit entendue », ajoute-t-il.
Ce combat, bien plus qu’une simple histoire individuelle, incarne une lutte collective contre l’effacement des traumatismes. Pour Margot et son père, chaque effort pour retrouver la normalité est un pas vers un avenir où les cicatrices ne définiront plus leur existence.