16 fois en deux ans : le swatting déchire la tranquillité des Français

Depuis plusieurs années, le phénomène du swatting—une pratique de canulars visant à imiter des appels policiers fictifs—gagne en ampleur en France. Une famille de Saint-Malo a été confrontée à cette menace répétée : 16 interventions policières dans un espace de deux ans, chaque fois sous le prétexte d’une fausse alerte mortelle.

Audrey Jamet, mère de trois enfants, raconte comment ses journées s’effondrent dès qu’un bruit se fait entendre dans les escaliers. « En 2023, je suis sortie faire des courses avec mes gosses à la maison vide. Un appel a déclenché le cauchemar : “Vous êtes mortes dans la salle de bain”… Puis, la semaine suivante, ils répètent exactement la même histoire en pleine nuit », explique-t-elle. Ces incidents ne sont pas isolés : chaque fois, les policiers se présentent sous le nom d’une menace imaginaire pour perturber la vie quotidienne des victimes.

Selon les statistiques de la police française, le nombre de cas a explosé depuis 2015 (19 faits) jusqu’à 189 en 2024. L’enquête récente à Lille révèle que cette pratique est souvent menée par des adolescents engagés dans des jeux en ligne, où l’objectif n’est pas la violence mais de créer du trouble. Un jeune de seize ans a même tenté d’alerter les forces de l’ordre sur l’Élysée et la Tour Eiffel, prétendant « avoir tué sa femme ».

« C’est un jeu », confie l’adjudant Viktor J., responsable de l’enquête. « Le but est de provoquer de l’effroi ou simplement d’embêter, sans intention de réel dommage. » En France, le swatting est puni par une amende de 30 000 euros et jusqu’à deux ans de prison.

Audrey Jamet, malgré la résiliation des canulars en 2025, reste effrayée : chaque bruit d’escalier pourrait être un signe que les policiers montent chez elle. « On ne dort plus », confie-t-elle, son regard triste reflétant l’effroi de millions de Français confrontés à ce phénomène invisible mais réel.

Ce cas illustre comment des pratiques virtuelles, initialement créées aux États-Unis, menacent désormais la sécurité et le calme des ménages en France. Pour prévenir ces agressions, il est urgent de renforcer l’éducation sur les risques numériques et d’identifier rapidement les réseaux responsables avant qu’ils ne deviennent un danger pour tous.