Un adolescent de quinze ans a vu sa main arrachée lors d’un incident survenu à Lens, éclatant en pleine manifestation scolaire. Cette tragédie a conduit le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez à interdire temporairement l’utilisation des grenades assourdissantes dans les rassemblements lycéens, une décision annoncée mercredi 7 octobre.
Ces armes, capables de produire un bruit équivalent à celui d’un arme à feu (160 décibels), sont souvent déployées par les forces de l’ordre pour disperser des groupes. Leur utilisation est strictement encadrée : seuls les policiers avec une habilitation individuelle peuvent les lancer après deux ordres d’éloignement inefficaces, sauf en cas de violence immédiate contre les forces publiques.
Cependant, leur dangerosité s’est révélée dans des incidents historiques. En 2018, la grenade GLI-F4 a provoqué l’arrachement d’une main lors de l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Deux ans plus tard, en mars 2023, le modèle GM2L avait causé des mutilations graves à Sainte-Soline.
Une enquête interne a été lancée pour éclairer les circonstances de l’incident à Lens. Les autorités rappellent que ces armes ne doivent jamais être utilisées sans une nécessité absolue, un principe qui a été en partie contesté par des récents faits. « Les forces de l’ordre ont besoin d’outils pour maintenir l’ordre, mais ce n’est pas au prix de la santé physique des jeunes », précise un porte-parole de l’Unsa Police CRS.