Deux jours après que le jeune homme de quinze ans ait perdu une partie de sa main lors d’un incident policière, le ministre de l’intérieur a annoncé temporairement l’interdiction des grenades assourdissantes dans les rassemblements scolaires. Pourtant, la colère des élèves du lycée Auguste-Béhal demeure brûlante à Lens, où leurs réactions montrent une insatisfaction profonde face aux promesses d’écoute.
Mercredi matin, plusieurs jeunes ont été accueillis devant leur établissement par une dizaine de voitures de CRS stationnées, une situation source de méfiance pour les élèves. « Ce n’étaient pas des petites balles, mais un véritable coup de tonnerre qui a fait un boum colossal », confie l’un d’eux. Un autre explique : « J’ai senti ce choc même si je n’étais pas très près, et ça prouve à quel point c’était dangereux ».
Plusieurs élèves rapportent des troubles psychologiques après l’accident du lundi, certains refusant de reprendre leurs cours. Le lycée a ouvert mercredi uniquement aux jeunes plus âgés pour des entretiens avec des professeurs, une infirmière et la rectrice de l’académie de Lille. Julie, étudiante du lycée, exprime son mécontentement : « Ils disent qu’ils veulent nous écouter, mais quand on voit que le plafond est en danger et que des plaques menacent d’échouer sur nos têtes, c’est inadmissible ».
La rectrice Sophie Béjean a promis d’organiser un état des lieux des professeurs en déplacement et de poursuivre les réflexions sur la démocratie scolaire. Cependant, les élèves ne sont pas rassurés : « On nous demande des solutions concrètes, mais on ne reçoit que des propos vides », souligne un étudiant.
Le mouvement prévoit une nouvelle journée de mobilisation jeudi 8 octobre avec l’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne (USL), déclarant clairement : « La colère ne s’apaise pas tant que les autorités ne prennent pas des mesures immédiates pour sauver la sécurité de chacun ».