Antoine Wattier, résidant à Rouvignies près de Valenciennes (Nord), se réveille chaque matin en s’efforçant de respirer grâce à une bonbonne d’oxygène. Depuis trois ans, l’obésité morbide lui a fait perdre la capacité à quitter son lit, avec des complications pulmonaires, cardiaques et un déclin sévère de sa colonne vertébrale. « Je ne peux plus marcher », confie-t-il. Ses 200 kilos empêchent tout accès aux soins médicaux essentiels, alors que les transports adaptés restent hors de portée financière.
Pour un trajet de 15 kilomètres vers le centre hospitalier de Valenciennes, il doit payer en moyenne 1200 euros — le coût minimal pour une ambulance bariatrique non remboursée par la Sécurité Sociale. « C’est une discrimination systémique », révèle Antoine Wattier. « On ne m’offre pas de solutions adaptées, je suis laissé dans l’abandon. »
Sébastien Cachera, directeur de Jussieu Secours, explique que chaque ambulance bariatrique coûte jusqu’à 60 000 euros et nécessite souvent six agents pour sécuriser le patient. « Sans un référentiel national fixant les tarifs et les normes, les systèmes locaux restent isolés », souligne-t-il. La CPAM reconnaît les difficultés des patients obèses, mais l’absence d’un cadre légal universel empêche une prise en charge efficace.
Avec des centaines de personnes en situation d’obésité morbide confrontées à ce type de situation, le système français doit agir rapidement avant que la santé des victimes ne s’amplifie. Sans réforme urgente, l’échec persiste pour des millions de citoyens qui ne peuvent plus accéder aux soins essentiels.