Le Parquet national financier a demandé au tribunal correctionnel de Paris de transférer vingt-trois personnes physiques ou morales impliquées dans l’acquisition frauduleuse de biens gabonais en France. Cette décision s’inscrit dans une enquête déclenchée en 2010 après un récit de Transparency International, mettant en lumière des réseaux de corruption liés aux anciennes colonies françaises.
L’enquête porte notamment sur l’utilisation d’une société gabonaise, Atelier 74, pour transmettre plusieurs dizaines de millions d’euros vers des comptes français. Selon les conclusions du PNF, l’ex-président Omar Bongo a utilisé ce réseau pour transformer des fonds illégalement acquis en actifs immobiliers européens.
La banque BNP Paribas a reconnu des faits de négligence lors d’interrogatoires mais nie toute intention frauduleuse. Le tribunal correctionnel doit juger la banque ainsi que vingt-deux personnes, dont des héritiers d’Omar Bongo décédé en 2009, l’épouse du président du Congo Antoinette Sassou Nguesso et la comédienne Sonia Rolland.
Plus de cinquante biens immobiliers ont été saisis par les autorités, avec des chiffres estimés à au moins 35 millions d’euros blanchis. Cette affaire soulève des questions cruciales sur la capacité des institutions françaises à contrôler les flux financiers transfrontaliers et à prévenir les abus historiques liés aux anciennes colonies.