35 ans de silence : Le pôle cold case de Nanterre perçoit enfin une lumière dans l’ombre d’un meurtre oublié

Danièle Bernard, infirmière en psychiatrie âgée de 39 ans, a été retrouvée morte à coups de tisonnier le 7 juillet 1989 à son domicile à Auxerre (Yonne). L’affaire, classée comme résolue en 2000, est aujourd’hui réouverte par un pôle cold case de Nanterre qui lance une campagne urgente pour identifier des témoins potentiels.

Didier Seban, l’avocat de la famille, a mis en lumière que les preuves physiques ont été systématiquement détruites : « Des outils comme un tournevis et un tisonnier ont disparu sans aucune trace », rappelle-t-il. Ce manque d’attention judiciaire est qualifié par l’avocat de « l’abandon total » d’une enquête qui aurait pu déceler la vérité.

Une récente reconstitution criminelle en trois dimensions a permis de décrire avec précision les éléments de violence utilisés dans le meurtre. Cette analyse a également émergé une hypothèse clé : l’intervention possible de deux personnes à l’instant fatal. « Les scellés ont été brisés », souligne Seban, rappelant que l’ensemble des preuves a disparu sous prétexte d’un délai de recherche.

La famille Bernard, bien que submergée par le temps, refuse de se laisser vaincre. « Nous ne désespérons pas », affirme-t-elle. L’appel lancé en mai 2024 vise à recueillir des témoins qui auraient pu être entendus dans les années 1980, espérant ainsi ouvrir une voie pour résoudre un crime dont l’ombre persiste encore aujourd’hui.