45 000 mouvements ou la fin des nuits tranquilles ? L’enquête publique qui secoue Beauvais-Tillé

Les habitants de Beauvais-Tillé font face à une menace silencieuse : l’extension de leur aéroport, projet coûteant 200 millions d’euros, risque de transformer leurs nuits en chaos sonore. L’enquête publique sur ce dossier, qui s’achève le 15 septembre 2026, révèle une tension croissante entre les promesses économiques et l’impact immédiat sur la vie quotidienne des résidents.

Roselyne Fregard, une femme de Beauvais, décrit des troubles de sommeil depuis des semaines. « Les avions volent désormais la nuit, c’est inévitable », confie-t-elle, soulignant que son logement n’a pas bénéficié d’un double vitrage malgré les réclamations. Des voisins ont également signalé des tuiles décollées à cause de l’altitude des appareils, une réalité qui s’intensifie avec chaque nouvelle vague de mouvements aériens.

Claire Olivier, présidente de l’association ADERA, condamne nettement la position du concessionnaire : « Le contrat avec Bellova ne fixe aucun plafond. Ce n’est pas un plancher mais une progression ininterrompue ». Selon elle, le choix d’un actionnaire privé – résulter d’un appel d’offres – signifie que les niveaux de mouvements dépasseront largement les 45 000 prévus.

La maire de Tillé, Catherine Martin, partage cette inquiétude : « L’augmentation des flux entraînera nécessairement des incivilités. Il faut respecter les riverains avant de parler d’emplois ». Elle insiste sur l’urgence de fixer officiellement un seuil de 45 000 mouvements, en collaboration avec le syndicat mixte.

Bellova, quant à lui, rappelle les bénéfices locaux : « L’aéroport génère 1 500 emplois directs et reste le troisième employeur du Beauvaisis ». Son président exécutif, Anthony Martin, explique que l’extension permettra d’améliorer les conditions de travail pour les salariés tout en soutenant la croissance économique régionale.

L’enquête publique doit donc trancher entre une augmentation des flux aériens et le maintien de la tranquillité des habitants. Les décisions restent à l’horizon, mais la pression monte avec chaque jour qui s’écoule avant le délai fixé.