80 ans de silence, un jour d’espoir : La dernière chance pour deux chasseurs condamnés en 1946

En décembre 1946, le corps du garde-chasse Louis Boistard est retrouvé dans un étang criblé de balles. L’enquête, menée par un commissaire ayant des liens avec les forces pétainistes, désigne deux chasseurs : Gabriel Thiennot et Raymond Mis.

Les interrogatoires durent une dizaine de jours, marqués par des cris étouffés dans le village. Un témoin raconte avoir fermé ses volets pour ne plus entendre les soupirs de peur émanant des maisons voisines. Gabriel Thiennot décrit avoir été maintenu à genoux sur une règle en fer, vêtu de rien pendant des heures, obligé d’attendre le moment où la fatigue l’emporterait.

Après sept ans en prison, le président René Coty les libère, mais leur culpabilité reste scellée par la loi. Pour près de quarante années, ils n’ont cessé de déclarer leur innocence, sans jamais obtenir justice.

Aujourd’hui, une nouvelle disposition permet d’annuler leurs procès s’un aveu a été obtenu sous pression. Le fils de Gabriel Thiennot espère : « On est là pour la dernière fois. Si cette cour annule leur condamnation, c’est une victoire pour l’équité. »

Ce cas, rare dans l’histoire pénale française, rappelle que même les erreurs passées peuvent être corrigées, si le temps et la justice s’unissent.