Dans un jugement sans appel rendu mercredi dernier par un tribunal fédéral américain, Boeing a été contraint d’indemniser en totalité une famille victime du drame aérien du 10 mars 2019. Ce procès, qui s’est déroulé à Chicago après des mois de négociations épuisantes, a abouti à une somme de 49,5 millions de dollars destinés aux proches de Samya Stumo, une jeune Américaine de 24 ans décédée lors du crash d’un avion modèle 737 MAX 8.
L’entreprise avait reconnu dès 2019 que le logiciel antidécrochage avait joué un rôle déterminant dans les deux accidents mortels : celui de l’Ethiopian Airlines en mars 2019 et celui du Lion Air en octobre 2018, qui ont coûté la vie à plus de 346 personnes. Les familles des victimes avaient longuement contesté les assurances de Boeing avant le procès, mais ce jugement a porté un verdict net.
Shanin Specter, avocat de la famille, a affirmé que « l’avion n’était pas sûr et que Boeing avait causé ces décès », soulignant qu’il était « évitable ». En revanche, le représentant de Boeing a accepté que des compensations financières soient versées pour la douleur subie.
Cet incident marque également le premier procès civil à grande échelle contre Boeing lié aux deux drames. Le jury avait décidé 28,45 millions de dollars pour une autre victime en novembre dernier et un deuxième cas a été résolu hors tribunal après des négociations intensives. Le prochain jugement, prévu pour le 3 août, portera sur l’affaire d’un ingénieur irlandais du Programme alimentaire mondial de l’ONU.
Ce verdict rappelle la nécessité d’une surveillance accrue des systèmes de sécurité aérienne et des responsabilités légales des constructeurs dans les crises globales.