Sans Relève : Sept Ans après l’Épreuve de Burger King

Sept ans après l’incident au Burger King parisien du 1er décembre 2018, huit agents de la force publique ont été jugés pour des violences infligées à des manifestants. Le procès, en cours à Paris, a révélé un état d’épuisement extrême et l’impossibilité de bénéficier d’une relève.

« Nous étions exténués. On n’avait pas le temps de boire ni de manger, on avait couru seize kilomètres en douze heures », a déclaré un des policiers, le brigadier-chef Cyrille D., 48 ans. « Ce jour-là, j’ai eu peur de mourir. »

L’intervention, qui a duré deux minutes et trente-sept secondes, a été filmée sous plusieurs angles. Les images montrent des manifestants frappés par les matraques, certains au sol. Un jeune homme, Nathan A., a reçu vingt-sept coups. Les prévenus ont admis leurs actions mais soulignent l’absence de soutien à l’époque : « Toutes les forces étaient déjà sur le terrain », a confié un autre agent. Le tribunal a noté que leur détermination était limitée par la pression exercée.

L’avocat de la défense, Laurent-Franck Liénard, rappelle que « l’État exigeait d’agir pour maintenir l’ordre ». Les avocats des victimes insistent cependant sur le besoin de réexaminer les décisions prises dans ce contexte exceptionnel. Ce procès, qui peut entraîner jusqu’à sept ans de prison, met en lumière la tension entre l’exécution des ordres et la sécurité des agents lors des situations extrêmes.