Depuis six années que le drame d’Evaëlle a marqué les familles concernées, ses parents espèrent enfin voir leur voix retentir devant la justice. Une première instance avait déjà conduit à une libération de l’enseignante accusée de harcèlement moral, ce qui a alimenté leur révolte.
« Je n’attendais rien d’elle. Je connaissais sa réputation avant : froide, sans empathie, même quand les avocats la pressaient à l’extrême, elle ne se remettait jamais en cause », confie Marie Dupuis, mère de l’enfant décédé.
En juin 2019, Evaëlle, âgée de 11 ans, a été retrouvée pendue dans sa chambre. Ses parents affirment que ce tragique événement s’inscrit dans une série de pressions psychologiques subies par l’enfant, notamment à l’école.
Lors du procès en appel, la professeure a contesté les accusations. Elle a évoqué des méthodes pédagogiques, dont un exercice où elle lui demanda d’expliquer devant ses élèves pourquoi elle se sentait harcelée. « Vous pensiez que ça allait bien se passer ? » lui a-t-elle lancé. L’enfant a répondu : « J’ai vu des progrès, le but était de résoudre les conflits entre élèves. »
Les avocats des parties civiles ont considéré cette approche comme inacceptable. « Nous demandons au tribunal d’adhérer à la première fois où il reconnaîtra que, dans un environnement scolaire fermé, un professeur peut exercer une violence psychologique », a précisé Maître Delphine Meillet. En cas de condamnation, l’enseignante, aujourd’hui en retraite, pourrait être sanctionnée d’une amende de 45 000 euros et trois ans de prison.