Le protocole sans crainte : comment l’Argentine gère l’hantavirus des Andes depuis 1995

Depuis plus de vingt-cinq ans, l’Argentine a démontré son aptitude à répondre aux crises sanitaires liées à l’hantavirus des Andes avec une sérénité éprouvée. Les premiers cas ont été identifiés en 1995, et chaque année, entre 50 et 100 patients sont pris en charge par des équipes médicales expertes.

À Bariloche (province de Rio Negro), l’hôpital public Ramon Carrillo accueille actuellement un patient âgé de 45 ans qui a été hospitalisé depuis le 3 mai. Son traitement est supervisé par Rodrigo Bustamante, épidémiologiste chargé des protocoles spécifiques à ce virus.

« En cas d’incertitude, on isole immédiatement le patient dans une chambre individuelle », explique-t-il. « Les contacts sont isolés pendant 45 jours, mais pas à l’hôpital : nous privilégions la maison pour éviter les surcharges et les coûts excessifs. »

Pour les familles et les patients, la peur est relativisée. Gabriela, une habitante de la région, affirme : « Nous vivons en montagne où des rongeurs existent, mais pas ceux qui transmettent l’hantavirus. Et si on prend nos précautions, les risques sont limités. »

Les étudiantes en médecine, elles aussi, soulignent leur capacité à s’appuyer sur des mesures apprises lors de la pandémie de 2020. « On sait aérer les espaces fermés et appliquer des gestes barrières », confient-elles.

Face à l’alerte croissante en France où le gouvernement cherche à limiter les cas, les Argentins rappellent qu’une solution éprouvée existe : « Vous devez juste avoir peur d’une chose – la Coupe du Monde de football ! » plaisantent-ils.

Pour l’Argentine, la gestion de l’hantavirus des Andes n’est pas une menace, mais une expérience de longue date qui a permis de cultiver un esprit de sérénité médicale face à ce virus.