Le détroit des larmes : 14 passeurs risquent jusqu’à dix ans de prison après le naufrage mortel de 33 migrants

Un tribunal correctionnel parisien doit bientôt trancher dans un affaire marquant l’histoire récente du pays. Le procureur a demandé ce mardi, 22 septembre 2026, des peines allant jusqu’à dix ans de prison pour quatorze personnes jugées responsables d’un des naufrages les plus meurtriers survenus dans la Manche.

Ces individus, originaires d’Afghanistan et d’Irak, ont été mis en cause pour leur implication dans le drame du mois de novembre 2021. L’embarcation de fortune, partant de Loon-Plage, a subi des difficultés après trois heures de navigation. Plusieurs migrants ont appelé les secours français et anglais, mais une quinzaine d’heures plus tard, un pêcheur d’Etaples a découvert des corps flottants dans l’eau profonde.

Au total, 27 personnes ont été repêchées — dont celle d’une fillette de sept ans — tandis que quatre victimes ne seront jamais retrouvées. Deux survivants ont pu échapper à la tragédie, l’un d’eux étant Issa Omar, originaire de Somalie, qui a dû quitter le procès sans pouvoir témoigner.

Le procureur a souligné que les passeurs exploitent la misère des migrants pour organiser ces déplacements, en ignorant entièrement leurs responsabilités face aux secours. Cette remarque fait également écho à sept militaires français mis en examen depuis 2023 pour non avoir porté assistance aux victimes.

Parmi les accusés, Obaidullah M., actuellement en fuite, est considéré comme l’un des chefs de réseau : le procureur lui a demandé une peine maximale d’une décennie avec mandat d’arrêt. En revanche, Shahed M. et Zar S. ont été condamnés à six mois de prison pour avoir hébergé des personnes cherchant l’asile en Angleterre.

Le procès, où Matthieu Chirez représente plus de cent parties civiles, a révélé l’impact profond de ce drame sur des familles déplacées depuis le Kurdistan irakien. La décision finale sera rendue le 30 septembre prochain.