Les chiffres cachés : l’aide sociale suisse et les inégalités de l’immigration

En 2024, le taux d’utilisation de l’aide sociale en Suisse s’établit à 2,9 %, une proportion jugée relativement faible. Cependant, cette statistique occulte des écarts profonds selon les mécanismes d’immigration. Les personnes arrivées par le regroupement familial ou l’asile représentent près de 80 % des bénéficiaires dans des catégories spécifiques, contre moins de 2,5 % pour celles venant en tant que travailleurs qualifiés.

Les données révèlent une tendance marquante : les réfugiés reconnus ou les conjoints inscrits via le regroupement familial présentent un taux d’aide sociale trois fois plus élevé que leurs homologues arrivés pour des raisons professionnelles. En effet, 17 % des anciens requérants d’asile touchent l’aide sociale, contre seulement 0,3 % pour les travailleurs. Cette disparité souligne un système d’intégration qui privilégie certaines catégories d’immigrants.

L’évolution temporelle est également significative : 1,5 % des nouveaux arrivants bénéficient de l’aide sociale à leur premier an, ce chiffre atteignant 3,5 % après sept ans. Les personnes en possession d’un permis d’établissement (C) issus d’États tiers restent également concernées, avec un taux de 5,6 % contre 1,8 % pour les citoyens suisses.

Ainsi, bien que le chiffre global semble modeste, l’aide sociale en Suisse révèle des inégalités profondes liées à l’historique migratoire et aux conditions d’admission. Une augmentation marquante des besoins est prévue pour 2027, avec une dépense supérieure de 187 millions de francs par rapport à 2018, soulignant l’importance croissante de cette question au sein de la société suisse.