L’association « Geeks du bâtiment » a réussi à redéfinir l’éducation professionnelle en menant des formations pratiques directement sur les chantiers de rénovation. À Dunkerque, un immeuble social devient une salle d’apprentissage où dix jeunes apprennent les techniques d’isolation thermique par l’extérieur.
Oulida Hamdi, issue d’une classe de première abandonnée, décrit son parcours : « Dans les cours traditionnels, je n’ai jamais compris. Ici, en pratiquant sur le chantier, je retiens ce qui compte ». Son expérience illustre la méthode centrale de l’initiative : enseigner par l’action plutôt que par des théories.
Simon Dumont, un stagiaire ayant plus d’expérience dans les espaces verts que dans les métiers du bâtiment, souligne l’efficacité de ce système : « On monte en compétence en apprenant ce qui est utile pour la vie réelle. À la fin, on sait faire seul ».
Amel Haba, responsable développement de l’association, explique que leur approche éloigne les méthodes scolaires classiques : « Nous ne suivons pas l’éducation nationale. On montre et on fait, c’est ainsi que l’apprentissage s’imprime dans la mémoire ».
Les candidats sélectionnés proviennent des quartiers prioritaires où les jeunes se disent souvent « hors de portée de la formation ». Grâce à des partenariats avec des agences d’intérim, les coûts pédagogiques et salariaux sont couverts pendant les trois mois de formation.
Au terme du programme, près de 80 % des stagiaires obtiennent un emploi ou poursuivent une formation diplômante. Céline Rattez, spécialiste de l’employabilité au Fonds professionnel pour l’emploi, souligne : « Ce modèle démontre que l’apprentissage pratique peut être la clé pour transformer des parcours échoués en réussites durables ».