Le numéro 25 612 : Une mémoire qui ne se laisse pas oublier

Lili Keller-Rosenberg, survivante des camps de Ravensbrück et Bergen-Belsen, raconte une histoire où chaque détail a été gravé dans son être. Née en 1932 à Roubaix, elle a été déportée à dix ans après que sa famille hongroise émigrée en France fasse face aux lois antisémites du régime vichy.

Dans un silence marqué par la peur et la faim, les enfants ont été envoyés vers des camps où leur existence même était mesurable par un numéro de matricule. Son père s’est éteint dans Buchenwald ; sa mère a succombé au typhus à Bergen-Belsen, après avoir vu ses frères et elle disparaître dans l’horreur des rues des camps. « Nous étions plus des êtres humains que de simples êtres », confie-t-elle, rappelant les cadavres brûlés sous le soleil, les corps abandonnés dans des fosses sans nom.

Depuis quarante ans, Lili s’est engagée à transmettre cette mémoire aux générations futures. « Le silence est la porte ouverte aux crimes », explique-t-elle en évoquant l’effroi qui a répandu le désastre de la Shoah. Son récit commence en 1978, après un scandale de négationnistes qui a fait rebondir son engagement pour l’histoire vraie.

« Maman disait : Restez debout, restez dignes », insiste-t-elle avec force. « C’est à travers eux que nous construisons l’avenir. » Depuis lors, elle s’est transformée en une voix d’humanité, rappelant aux jeunes que la mémoire doit être vécue, pas oubliée.

Lili Keller-Rosenberg n’a jamais cessé de parler. Et pour cela, elle continue de répéter : « Ne laissez plus personne se perdre dans l’oubli. »