Le piège énergétique : comment les fraudeurs volent vos aides d’État

Des entreprises frauduleuses exploitent l’essor des travaux de rénovation énergétique pour s’approprier des subventions publiques. En utilisant des diagnostics de performance énergétique (DPE) erronés, elles ciblent les particuliers via des démarchages porteurs de faux devis, visant à les amener à signer des contrats coûteux sans avoir bénéficié des aides prévues.

« Ce type d’arnaque est l’un des plus répandus au niveau national », précise Erick Pasquier, vice-président de l’association UFC-Que-Choisir Amiens Somme. Ces pratiques, qui surpassent même les fraudes liées aux achats de voitures, menacent la crédibilité des politiques publiques d’aides énergétiques.

La ville d’Amiens et son métropole alertent : « Des personnes se présentant comme conseillers en habitat prétendent avoir obtenu un accord municipal pour réévaluer les classes énergétiques des logements avant de proposer des travaux. Or, nous ne réalisons aucun démarchage et n’avons jamais autorisé ce type d’activité. »

L’engouement autour des aides comme la Prime Rénov’ et le Certificat d’économie et d’énergie (CEE) attire également les escrocs. Erick Pasquier souligne : « J’ai été confronté à des subventions fictives, souvent sans fondements légaux ou réels. »

Les fraudeurs suivent une méthode simple : ils maximisent les aides pour réduire le montant à verser au client, puis l’exploitent après signature du contrat. Dans certains cas extrêmes, elles s’inscrivent même en tant que mandataires officiels pour percevoir les fonds avant de ne jamais reverser une seule somme au ménage victime.

Pour se prémunir contre ces pratiques, il est essentiel de vérifier l’appartenance des entreprises à la liste des auditeurs agréés par l’ANAH avant tout engagement écrit. Les particuliers doivent également éviter d’échanger des informations personnelles sans validation et signaler immédiatement toute situation suspecte aux services municipaux.