Des fissures qui menacent : l’immeuble Ô Jardin en pleine crise insalubre

Depuis leur livraison en 2021, les résidences Ô Jardin au sud d’Amiens affichent une dégradation alarmante. Les habitants et propriétaires, confrontés à des fissures profondes, des moisissures et des infestations, dénoncent un manque de respect pour la qualité des constructions.

Lorsqu’on arrive aux pieds de ce bâtiment, on est frappé par des fissures élargies sur une grande partie des murs rouges. Le crépi a même commencé à se décoller, ce qui a conduit plusieurs résidents à contacter les pompiers ce samedi 14 février. « Les pompiers nous ont dit qu’il n’y avait pas de risque d’effondrement, mais ils nous ont clairement indiqué que le crépi en décollait. C’est inhabituel pour une façade récemment construite », explique Sarah.

À l’intérieur, les dégâts sont tout aussi graves : des moisissures envahissent les murs, l’humidité s’accumule sous les fenêtres et des insectes occupent chaque recoin. Une résidente a dû quitter temporairement son appartement pour éviter des crises d’asthme. « Je dois passer de temps en temps chez mes parents pour ne pas infecter leur logement, mais je ne peux pas rester ici », confie-t-elle.

Une étudiante en droit, qui a habité l’immeuble depuis quatre mois, a dû jeter des appareils électriques neuves. « J’ai perdu tout ce que j’avais acheté pour mes études. Je n’arrive même pas à rembourser les frais », souligne-t-elle.

Le syndic Foncia affirme avoir pris des mesures, mais les habitants considèrent que les problèmes sont structurels. « Il s’agit d’un défaut de construction, et ce n’est pas la responsabilité des locataires », déclare Gérard, propriétaire d’un logement dans la résidence.

Des documents datant de 2022 montrent que la précédente propriétaire avait déjà signalé des infiltrations. « L’immeuble a été vendu avec des problèmes cachés, mais personne n’a voulu les révéler », ajoute-t-elle.

Avec l’absence d’intervention rapide, les résidents se tournent vers la garantie décennale pour obtenir des réparations. « Nous voulons que le promoteur prenne en charge ces dégâts, car ils sont liés à la construction », conclut Sarah.